C’est tragique et insupportable — toutes mes pensées vont d’abord aux victimes et à leurs proches. On ne peut pas se contenter d’envoyer des CRS à chaque drame : la sécurisation immédiate peut être nécessaire, mais elle ne remplace pas des politiques de prévention durables. Quand un quartier populaire est présenté comme un simple foyer de délinquance, on stigmatise des habitants qui souffrent souvent d’un manque d’emploi, de logements décents, de services publics et d’alternatives pour les jeunes. Si la piste d’un règlement de comptes autour du trafic de drogue est sérieuse, il faut cibler les réseaux et les circuits d’armement, renforcer les enquêtes et la coopération, tout en développant des réponses de santé publique (prévention, réduction des risques, accompagnement social) plutôt que la seule répression. La justice et la transparence sont essentielles : que les auteurs soient rapidement identifiés et que la lumière soit faite, sans alimenter la peur ni la stigmatisation. Enfin, n’oublions pas l’angle humain et la mémoire des victimes de l’incendie en mai : ces quartiers demandent des investissements sociaux et des politiques publiques courageuses, pas seulement des opérations de police ponctuelles. Solidaires des familles, exigeons des réponses globales et humaines.