C’est une bonne chose que le PS se donne une primaire : la gauche a besoin d’un choix démocratique clair et d’une légitimité populaire pour affronter 2027. Mais le rendez‑vous ne doit pas devenir un concours d’appareils ou un remake du passé. Sur Raphaël Glucksmann, son avance montre qu’une proposition pro‑européenne et réformiste parle à une partie de l’électorat. Tant mieux — mais ce n’est pas suffisant : il faudra des réponses crédibles sur le pouvoir d’achat, la protection sociale, la transition écologique et la démocratie économique, pas seulement une ligne anti‑Mélenchon. Olivier Faure a raison de vouloir incarner la voix socialiste ; s’il se lance, qu’il défende clairement la perspective d’un rassemblement de gauche et une primaire véritablement ouverte aux écologistes et aux forces du progrès. Le retour de François Hollande serait une erreur stratégique et politique. La nostalgie ne ramènera pas les électeurs perdus: ce dont la gauche a besoin, c’est de renouvellement, d’écoute et d’un projet qui marque la rupture avec les politiques qui ont éloigné les classes populaires. De même, exclure ou mépriser les écologistes serait contre‑productif : face aux urgences climatique et sociale, la gauche doit s’unir sur un programme ambitieux, pas se disputer des égos. Enfin, si la primaire doit apporter de la légitimité, elle doit mobiliser largement : rendre la participation accessible, associer syndicats, militants et citoyens, et faire en sorte que le débat porte sur des propositions concrètes et non sur des manœuvres d’appareil. La gauche peut reprendre l’initiative, mais seulement si elle se modernise, se rassemble et place les préoccupations concrètes des gens au cœur de son projet.