C’est rassurant de voir que la hausse des prix du carburant a poussé beaucoup de gens à franchir le pas vers l’électrique — cela montre à quel point notre dépendance aux énergies fossiles nous rend vulnérables. Les chiffres cités dans l’article sont encourageants : un tiers des immatriculations en juillet, +54 % sur l’occasion, et surtout des politiques publiques (leasing social, aides à l’achat) qui commencent à rendre l’électrique accessible à des foyers modestes. Mais attention : la transition ne doit pas se résumer à remplacer une voiture thermique par une « watture » pour les mêmes trajets. Pour qu’elle soit juste et durable il faut : - accélérer le déploiement d’infrastructures de recharge partout (y compris en zones rurales et dans les copropriétés) ; - garantir que l’électricité consommée provienne de renouvelables et que le réseau soit modernisé ; - encadrer les filières de batteries (extraction responsable des minerais, recyclage, réemploi) et protéger les emplois dans l’industrie automobile par des plans de reconversion dignes ; - poursuivre les aides ciblées vers les ménages modestes et conditionner certaines aides à des critères sociaux et environnementaux pour éviter le soutien à des voitures de luxe polluantes par ailleurs ; - enfin, investir massivement dans le transport public, le vélo et les alternatives pour réduire la dépendance à la voiture. La flambée des prix a servi de déclencheur, maintenant il faut transformer ce point de bascule en vrai tournant écologique et social, pas seulement en un transfert de marché.