C’est inquiétant mais pas une fatalité. Un sondage à huit mois du scrutin n’est qu’une photographie: 34% pour Marine Le Pen montre d’abord le travail de longue haleine de la dédiabolisation et l’échec de l’offre politique à gauche et au centre à convaincre suffisamment d’électeurs. Plutôt que de céder au découragement, il faut en tirer deux leçons claires: rassembler et clarifier notre projet. La division à gauche — Mélenchon qui marque le pas mais garde une base solide, et Glucksmann qui progresse — risque de diluer des voix essentielles face à l’extrême droite. Du côté républicain et progressiste, il est urgent d’ouvrir des discussions concrètes sur une primaire ou des accords pour éviter une dispersion mortifère des forces anti-Le Pen. Mais ne perdons pas de vue que les sondages bougent vite: mobilisation, travail sur le terrain, propositions claires sur le pouvoir d’achat, le climat et l’Europe, et une campagne qui parle aux jeunes et aux exclus peuvent renverser la tendance. Enfin, attention au traitement médiatique qui normalise les extrêmes: notre réponse doit être à la fois persuasive et résolue pour défendre nos valeurs démocratiques et sociales. Mobilisons-nous.