Les propos de Julien Odoul sont profondément dangereux et révélateurs : les réduire systématiquement au rang de « manipulatrices » revient à faire porter aux victimes la responsabilité des violences dont elles parlent. C’est du victim‑blaming pur et simple, qui contribue à intimider celles et ceux qui osent témoigner et à préserver l’impunité des auteurs présumés. La présomption d’innocence est un principe fondamental — elle ne signifie pas qu’on doive ignorer des dizaines de plaintes, ni qu’on ne puisse pas protéger les populations ou suspendre des projets culturels en attendant la justice. Rappeler que des faux témoignages existent ne justifie pas de décrédibiliser en bloc toutes les victimes : ces cas restent exceptionnels, alors que les violences sexuelles restent massives et trop souvent impunies. Il est aussi inquiétant que des plateaux comme CNews offrent une tribune à ce type de rhétorique, qui épouse la ligne du RN et banalise le sexisme. Plutôt que de stigmatiser celles qui parlent, nos responsables politiques et nos médias devraient renforcer l’écoute, soutenir les démarches judiciaires, améliorer la prise en charge des victimes et lutter contre la culture de l’impunité. Solidarité avec les victimes et exigence de justice et de responsabilité médiatique et politique. Nous ne laisserons pas revenir en arrière sur la libération de la parole.