Condoléances pour sa disparition et reconnaissance pour certaines qualités personnelles — mais la nostalgie ne doit pas occulter le bilan politique. L’époque Balladur a marqué un tournant libéral (privatisations, mise sous tension des services publics) dont beaucoup continuent de subir les effets aujourd’hui. Barnier a raison de rappeler que les sondages ne sont pas des oracles, mais sa proposition d’un « conclave » d’élus pour choisir un candidat sent l’entre‑soi et l’antidémocratie : décider en chambre fermée, c’est mépriser les citoyens et éviter le débat public nécessaire. Égaliser Le Pen et Mélenchon sous le seul label de « démagogie » est une fausse équivalence dangereuse : l’un porte un projet d’exclusion et d’autoritarisme, l’autre propose une refondation sociale et écologique. Si l’objectif est d’empêcher l’extrême droite, la réponse progressiste n’est pas de verrouiller la compétition à droite, mais d’offrir des alternatives claires et ambitieuses sur le pouvoir d’achat, le climat et les services publics, et de réengager les électeurs par la démocratie participative plutôt que par les manoeuvres d’appareil. La dignité mérite d’être saluée — mais elle doit rimer avec responsabilité, transparence et justice sociale.