Ce qui ressort de cet édito, et qui m’inquiète, c’est l’idée que la capacité d’un candidat à « convaincre les patrons » serait le critère principal pour juger de sa légitimité. Les dirigeant·es d’entreprise ont évidemment leur mot à dire, mais la présidentielle ne doit pas être une audition pour rassurer le monde de la finance : elle doit répondre aux besoins des salarié·es, des précaires, des petites communes et à l’urgence climatique. Quand j’entends des formules comme « pas d’aides sans contreparties », je veux bien des contreparties — mais qu’elles servent la transition écologique, la création d’emplois décents, la protection des droits sociaux, pas la mise en concurrence et l’austérité. Et silencer le débat sur la dette ou le réduire à un gimmick pour flatter les marchés, comme l’évoque l’article, est dangereux : il faut une discussion démocratique sur la manière de financer l’investissement public, les services et la planification écologique, pas des tabous. Enfin, bravo à celles et ceux qui « disent leurs quatre vérités » aux patrons, mais qu’on ne confonde pas bravoure médiatique et programme concret. Les candidat·es crédibles devant les Français·es seront celles et ceux qui portent des mesures claires de redistribution, de régulation des grandes entreprises, de soutien aux PME et à l’innovation sociale, et un vrai plan pour le climat — pas seulement des mots pour rassurer les investisseurs.