C’est une bonne décision de Bruxelles : face à l’urgence sanitaire que représente l’antibiorésistance, l’UE a le devoir de faire respecter ses normes pour protéger la santé publique. Ce n’est pas du protectionnisme mais un principe clair — on n’accepte pas sur nos marchés des produits issus de pratiques qui mettent en danger les vies humaines et la santé mondiale. Cela dit, la suspension doit s’accompagner d’un processus transparent et rapide d’audits indépendants, et d’un dialogue constructif avec le Brésil. L’UE doit aussi proposer des aides techniques et financières pour aider les éleveurs brésiliens à adopter des pratiques durables et réduire l’usage des antimicrobiens, plutôt que de laisser les populations et les petits producteurs payer seuls le prix des manquements. Enfin, si l’accord Mercosur doit tenir, il faut qu’il intègre des garanties contraignantes sur la santé, l’environnement, les droits des travailleurs et la lutte contre la déforestation — la libre-échange ne peut pas se faire au détriment du bien commun.